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L’Union des Forces de la Résistance (UFR), confisquée par le triumvirat

S’il est vrai que la noble lutte que nous menons afin de libérer le peuple tchadien de l’abominable dictature et des innombrables méfaits du régime calamiteux d’Idris Deby, nous a obligé à faire preuve de solidarité afin de  préserver ce qui reste encore de la crédibilité de l’opposition armée, il devient de plus en plus inacceptable de continuer à cautionner les dérapages et les dérives dictatoriales du trio qui dirige, en dépit du droit et du bon sens, l’UFR.

En effet, comment pourrions-nous être crus dans notre engagement et notre volonté sincère, de mener le combat pour renverser ce régime mafieux et entamer un processus pouvant déboucher sur des institutions démocratiques conformes aux aspirations légitimes du peuple tchadien, capables de lui garantir la liberté, la paix, la sécurité, la justice et le bien-être économique et social, si nous continuons à cautionner le faux et les mensonges ? 

Nous ne devons jamais oublier que c’est à travers notre comportement et nos actes que nous sommes jugés et le serons encore demain.

La décision, sans numéro du 15 août 2010 portant remaniement du Bureau Exécutif de l’UFR, est une parfaite illustration de l’incohérence et de la manière arbitraire dont le mouvement est administrée et gérée. Cette décision qui constitue une violation flagrante des statuts de l’UFR vient tout simplement confirmer une pratique instaurée dès la création de l’alliance. En effet, en dépit du fait que l’article 9 des statuts stipule que le Conseil Supérieur de la Résistance (CSR) désigne en son sein les membres du Bureau Exécutif, ceux-ci avaient été désignés uniquement par les présidents des mouvements signataires du manifeste politique. Pire encore le CSR, qui est l’organe d’orientation, de résolution et du contrôle de l’Union qui doit se réunir en session ordinaire tous les six (6) mois, n’a jamais tenu une seule réunion depuis la création du mouvement et, à l’allure où vont les choses, ne sera plus jamais convoqué.   

En réalité, l’UFR est, depuis l’origine la chasse gardée du président et de ses vices présidents qui avaient tout mis en œuvre pour faire échouer, l’année dernière, les tentatives faites en vue de tenir la session du CSR pour évaluer d’une manière générale la situation du mouvement et adopter les mesures qui s’imposent. De même, usant et abusant de leur prétendue légitimité,  ils n’accepteront jamais de convoquer  un congrès à cet effet, sinon les nombreux échecs ou crises que nous connus les auraient incités à le faire.  

Face à cette grave situation, à mon humble avis, il n’est plus question de continuer à louvoyer ou à tergiverser, d’autant plus que la majorité des combattants, en se démarquant clairement depuis septembre 2009 du président et de ses vices présidents, nous avaient déjà indiqué la voie à suivre.Certes, nous avons activement milité pour l’unité en espérant, grâce à cela, arriver à la victoire. Mais aujourd’hui, il est temps de tirer en toute lucidité les leçons de toute nos expériences, afin d’élaborer d’autres stratégies car tous les espoirs du peuple ne reposent que sur nous et nous n’avons, par conséquent, ni le droit d’abandonner la lutte, ni celui de la faire échouer en adoptant ou en cautionnant des pratiques ou des méthodes douteuses.Ainsi donc, la pertinence ainsi que la nécessité de notre lutte étant toujours d’actualité car il n’y a pas une autre voie de salut pour notre peuple sinon le ralliement et un esclavage encore plus féroce, nous devons,  compléter sur le plan politique le remarquable travail d’organisation et de brassage que font, depuis quelques mois, les combattants sur le terrain. C’est fort de ces convictions que je me permets de lancer un appel à tous les patriotes et nationalistes sincères pour la sauvegarde de nos idéaux et la cause de notre peuple meurtri par tant d’années de dictature, d’oppression,  de violations des droits, d’injustice, de misère et d’humiliations.

Nous vaincrons, incha Allah

 Djibrine Assali Hamdallah

   Le président tchadien remet en cause Epervier et la présence militaire française

Le président tchadien Idriss Deby Itno a remis en cause mercredi, à l'occasion du 50eme anniversaire de l'indépendance, l'opération Epervier, demandant une contrepartie financière à la présence militaire française au Tchad."Nous nous acheminons vers une révision de l'accord de siège entre Epervier et le Tchad", a déclaré le président Deby au cours d'une conférence de presse.

"Cela fait 20 ans (1986) qu'Epervier existe et il ne joue plus son rôle, à part quelques soins donnés aux malades et un appui logistique en cas d'agression quelque part", a-t-il commenté.

"Nous allons revoir l'accord de siège, puisqu'il n'existe pas un accord: la France ne paye rien au Tchad à part quelques marchandises qui entrent sous douanes. Si la France veut rester au Tchad et utiliser ses avions, entraîner ses hommes, il y a un coût à payer et l'accord de siège permettra de clarifier ce que la France doit payer au Tchad", a poursuivi le président Deby."Autrement dit, si la France dit qu'elle n'a pas de moyens pour payer et qu'elle veut partir, nous garderons les meilleures relations possibles mais nous n'empêcherons pas Epervier de partir", a-t-il ajouté "Nous allons jouer à fond les intérêts du Tchad tout en gardant l'amitié avec la France".

L'opération Épervier avait été déclenchée en 1986 après le franchissement du 16e parallèle par les forces armées libyennes qui soutenaient le leader Goukouni Oueddei, renversé par Hissène Habré. Les militaires français n'ont depuis plus quitté le pays gardant notamment une base sur l'aéroport de N'Djamena et une autre sur l'aéroport d'Abéché dans l'est du pays.

"Nous n'avons pas un accord de défense avec la France. Et la présence actuelle d'Epervier n'a rien à voir avec notre indépendance et notre souveraineté" a poursuivi Deby. "Epervier n'est pas ici pour aider ou soutenir un gouvernement ou un régime".

Cette remise en cause survient alors que le président tchadien a obtenu pour la fin de l'année le départ du Tchad de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat), qu'il estimait être un échec.

Parallèlement, la France qui renégocie ses accords de défense avec ses partenaires africains et le Sénégal se sont entendus, à la demande de Dakar, pour fermer les bases militaires françaises dans ce pays.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé fin juillet que la France voulait "renforcer ses défenses" au Sahel après la mort de l'otage Michel Germaneau, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'exécution.... Par AFP

  " 11 Août 1960-11 Août 2010 cela fait 50 ans d'indépendance "

 Le 11 Août 2010, le Tchad célèbre le cinquantenaire de  son accesion à la souveraineté internationale comme beaucoup d'autres pays africains. En effet, ce fut le 11 Août 1960 que la France accepta après avoir longtemps résisté, octroya à son tour au Tchad son indépendance politique au même titre que plusieurs autres colonies  africaines alors sous la botte de la grande puissance la France.

 Il y a donc cinquante ans jours pour jours que beaucoup de  pays africains ont pris en main les destinées de leurs peuples respectifs aux plans: politique, économique, social, culturel, militaire... etc.

Cinq décennies se sont donc déjà écoulées, que devient  le Tchad sur le plan développement économique, social et politique ? Et l'afrique indépendante surtout francophone,  aujourd'hui à l'heure du bilan, reste à la fois un vaste  champ de misère et la partie du monde où la pauvreté est  la plus répandue avec un taux reccord d'analphabétisme  parmi les plus élevés de notre planète. Le Tchad d'hier comme celui d'aujourd'hui demeure pauvre, comme la plupart des autres pays africains en cinquante ans d'auto-détermination et de gestion de pouvoir politique par ses propres fils, n'a pas encore trouvé la potion tout à fait magique pour faire reculer la pauvreté malgré l'exploitation du petrole et la misère galopantes de son  peuple. Franchement, à vrai dire, les avancées notées ici et là par les hommes politiques face aux grands défis de  développement qui interpellent les dirigeants africains en  général et tchadiens en particulier restent insignifiantes pour qu'on s'y attarde. Au Tchad, en particulier, le peuple reste prisonnier des options politiques hasardeuses et de la  lutte de pouvoir entre les clans politiques plus  préoccupés par leurs propres intérêts que par toute autre chose, en qui concernant la vie du peuple. Surtout ne nous voilons pas la face; cinquante ans après les indépendances, le Tchad notre chère patrie et l'Afrique francophone ont totalement échoué sur le de développement-économique très loin de certains pays  anglophone d'Afrique.

Le développement reste partout en Afrique comme au Tchad un objectif fuyant que les mentalités aussi bien des  dirigeants que celles des administrés contribuent à  repousser chaque jour les choses.   Le Tchad comme beaucoup d'autres pays africains est donc malade gravement malade de ses propres fils et filles;  aujourd'hui la corruption, la concussion, le népotisme, la gabegie et la mauvaise gestion des biens publics n'ont pas encore trouvé d'adversaire et les quelques lueurs d'espoir nées du renouveau démocratique sont apparues très tôt comme un immence îlot d'illusion. Aujourd'hui, le Tchad est à l'image d'un vieux homme de  cinquante ans qui continue de tendre toujours la main à ses  vieux parents pour subvenir à ses besions quotidiens fondamentaux pour survivre aux jours les jours.  Le Tchad, son indépendance n'est donc que de facade aux  yeux de son peuple.  

Je profite pour dire bonne fête de l'indépendance à tous les tchadiens.

Et bon debut du RAMADAN, Ramadan karim,

koul-am wa antoum be kheir.

Gaya - Ple seid

bitkine2002@yahoo.fr

LES DROITS DE LA FEMME: Hommage à la femme tchadienne 
L’intérêt que les Nations Unis ont porté à la femme résulte de son état d’être comme vulnérable ou particulièrement défavorisé. Des mesures spéciales de promotion ont été prises pour assurer leur promotion et l’égalité dans l’exercice de leurs droits et des libertés fondamentales-
Qu’il s’agisse des droits de la femme. La démarche est identique pour aboutir aujourd’hui à une Convention. Parties d’une situation critique et d’une prise de conscience de la société, les Nations Unies sont passées, tant en ce qui concerne la femme, d’abord par déclaration pour aboutir à des conventions à effet contraignant pour les Etats parties.

Dans la plupart des sociétés, il a été constaté, au cours de l’histoire, des inégalités de fait et de droit qui existent entre les hommes et les femmes. Les femmes malgré tout leur investissement humain et personnel dans la société, sont les plus pauvres dans beaucoup de sociétés bien qu’elles prennent des belles initiatives.
Les Nations Unies ont commencé très tôt leurs travaux en faveur des droits de la femme en créant au sein du Conseil Econmique et Social une commission technique chargée de la condition de la femme.
En 1952, l’Assemble Générale a adopté la convention sur les droits de la femme. Ce traité stipule que les femmes auront dans des conditions d’égalité avec les hommes le droit de vote, le droit de participer aux fonctions publiques et étatiques en vertu de la légisalation nationale.
En 1957, fut adoptée la Convention sur la nationalité de la femme mariée et en 1962, a été conclue la convention sur le consentement au mariage, l’âge minimun du mariage et l’enregistrement des mariages.
En outre, la Déclaration sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a été adoptée par l’Assemble Générale des Nations Unies à l’unanimité des membres, le 7 nombre 1967. Elle proclamait que les hommes et les femmes ont des droits égaux devant la loi, y compris le droit à la propriété. Aux termes de la Déclaration, tant le père que la mère ont des droits et devoirs égaux sur les enfants et les mariages d’enfants et de filles impubères sont interdits.
On comprend alors pourquoi le Comité des droits de l’homme mis en place s’est aussitôt préoccupé tout particulièrement de la discrimination à l’égard de la femme, malgré l’interdépendance et l’indivisibilité de tous les droits de l’homme.
Mais les Etats parties avaient l’obligation de promovoir et de protéger tous les droits de la personne, y compris les droits fondamentaux de la femme, et cela inépendamment de leur culture et de leur systèmes politiques et économiques, car tous les droits sont envisagés au regard du principe de l’université.
Le principe de l’égalité qui fonde toute démocratie et la Convention des droits de la femme amène donc à lutter contre les inégalités de droit et de fait dont les femmes sont victimes, surtout que le principe d’égalité porte en lui-même la lutte contre la discrimination, contre toutes les formes de discrimination faites à la femme sous tous les cieux.
Les Nations Unies n’exigent pas seulement que la femme jouisse des mêmes droits que les hommes ; elles vont au delà, en prescrivant des mesures à prendre pour permettre aux femmes du monde entier d’exercer les droits qui leur sont reconnus.

Un Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a vu le jour à la suite de la Commission de la condition de la femme créée en 1946 sous l’égide du conseil économique et social.
L’avènement de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes suit la logique des Nations Unies. C’est pourquoi, il faut la situer au coeur même de la Charte internationale des droits de l’homme qui lui donne plus de poids et de portée, en se fondant notamment sur l’égalité de droits entre la femme et l’homme.

Posons-nous la question de savoir, la femme tchadiennne est-elle dans ses droits ?
La femme tchadienne est-elle essentiellement celle qui console, qui nourrit, qui berce, qui protége, celle qui est présnte intimate, refuse ?

Autre pour l’homme est-elle porteuse de dons qu’elle même ignore ? Est-elle synbole, image archetype ? Quel est son rôle entre les êtres humains ? Est-elle consolation et douceur ? A t-elle des droits au Tchad et comment elle-est protégée, voilà autant des questios qui méritent des réponses par les hommes que les femmes de ce pays.

Certes, statut juridique de la femme tchadienne est lié à son état social. Elle était exclue des pôles de décision. Cette exclusion dite se fonde sur la dichotomie faite entre le système privé axé sur la famille et les activités dites domestiques que les femmes ont en charge et la sphère publique reservée aux femmes dans nos sociétés au Tchad.

Au début de sa participation à la vie politique, elle était considérée comme une ressource politique utilisée pour l’animation, la mobilisation et servant de soutien folklorique auprès des acteurs et des leaders politiques alors qu’elle est sencée être égale à l’homme.
Le principe d’égalité des citoyens est consacré par la constitution du Tchad du 31 mars 1993, l’Etat assurant à tous l’égalité devant la loi sans discrimination d’orgine, de race, de sexe, de religion, d’opinion politique ou de position sociale..
Il n’est pas inutile de souligner en passant que la Charte Africaine des droits faite partie intégrante de la constitution du Tchad.

Au Tchad, la femme est la première à se lever et la dernière à se coucher. Elle est partout, au champ, au foyer, au marché, dans l’administration. Malheureusement jusqu’ici les droits de la femme ne sont pas respectés ; car le mari, chef de famille attend d’être servi .
La femme tchadienne contribue aux charges du ménage au même titre que son époux ; mais elle est toujours marginalisée sur tout le plan social.
Certaines Associations de femmes dont l’association des femmes juristes du Tchad s’efforce t-elle de faire connaître aux femmes tchadiennes bien leurs droits que leurs devoirs vis-à-vis de la société tchadienne et de l’Etat !
L’homme étant né pour vivre en société, la femme est appelée à quitter ses père et mère pour fonder sa propre famille tout en contribuant à son épouissement et au développement des seins.
C’est pourquoi un adage chinois dit « éduquer une femme, c’est éduquer une Nation »
L’éducation de la femme est une garantie en ce sens qu’elle contribue au développement socio-économique de sa propre region voire du pays. Le droit au travail est reconnu à la femme sans discrimination de race ou religion, aussi doit-elle gagner son pain à la sueur de son frond.
Rappelons ici que la discrimination à l’encontre des femmes viole les principes de l’égalité des droits et du respect de la dignité humaine, qu’elle entrave la participation des femmes, dans les mêmes conditions que les hommes, à la vie politique, sociale, économique et culturelle de notre pays, qu’elle fait obstacle à l’accroissement du bien-être de la société et de la famille et qu’elle empêche les femme de servir leur pays et l’humanité dans la mesure de leurs possibilités.
Nous demandons au gouvernement de respecter les normaux pour que la femme tchadienne participe au développement du pays.
La femme est considérée comme inférieure à l’homme et l’on accorde une plus grande importance au garcon qu’à la fille. Or la femme tchadienne joue un rôle primordial dans le développement économique du pays. Elle est présente aussi bien dans le secteur formel qu’informel. La femme tchadienne rivalise d’ardeur au travail, au champ comme au marché, à l’usine comme à l’atelier et contribue aussi à la réalisation de l’autosuffissance alimentaire, et aussi à la l’accroissement de la richesse nationale du pays.
Les produits de premières nécessités dont le maïs, le mil, le manioc, le gari, l’huile d’arachide, le savon local, le poison fumé et séché, le beurre de karité et bien d’autres produits seraient inconcevables au Tchad sans le travail de la femme. Elle constitue également à peu près 60% de la production du coton dans le sud du pays et bien d’autres cultures de rente.
La femme tchadienne est partout, la contribution des femmes jourlistes au développement de la presse est qualitavement remarquable malgré le non respect de droit de la presse au Tchad. Elles ont investi tous les champs sectoriels de la presse, mais il semble qu’elles ignorent l’écriture politique pour informer ses soeurs sur le plan national.
Bref, l’éducation donnée aux enfants dès le bas âge contribuera au changement et à l’évolution des mentalités et des moeurs pour une meilleure protection et promotion des droits des femmes. Eduquée, elle veillera mieux à la santé et à l’éducation de ses propres enfants pour un meilleur équilibre social.
La femme tchadienne doit pouvoir s’engager davantage sur cette voie afin d’assurer un mieux être aux membres de sa famille. La femme instruite, éduquée pourra mieux défendre ses intétêts et contribuer au développement et à la promotion de ses droits, à la réalisation et au développement du pays.

Nous souhaitons qu’un jour une femme soit à la tête de l’Etat tchadien d’une manière démocratique comme cela se passe ailleurs dans notre 21 ème siècle.
Courage à la femme tchadienne.

A l’occasion de la journée internationale de la femme, 8 mars, nous souhaitons bonne fête à toutes les femmes et particulièrement à la femme tchadienne.
Gaya – Ple Seïd
Bitkine2002@yahoo.fr
+4748127122


Deby-/El-Béchir, hier ennemis jurés et diabolisés l'un par l'autre, aujourd’hui réconciliés comme des anges : dans l'intérêt de qui ?
On ne peut certes pas démentir les analyses ou les simples déclarations de nos confrères journalistes, qui ont jeté leurs regards sur les élections législatives à venir au Tchad, qui auront probablement lieu en novembre 2010 avant la présidentielle d’avril 2011, et sur celles du Soudan, qui sont prévues pour avril 2010. Ces élections permettront peut-être aux deux requins Deby et Omar El-Béchir d’obtenir chacun une reconnaissance internationale. Peut-être ces mêmes journalistes jugent-ils inutiles d’aller plus loin, en dévoilant la face cachée de ces négociations politiques et de cette cuisine électorale qui ont été pilotés par les pays du golfe. La véritable motivation de ces deux dirigeants, l’un pro-occidental, l’autre pro-arabe, est de se faire tous les deux passer pour de bons élèves, sauvant par là même leurs fauteuils présidentiels et garantissant pour longtemps leur fortune et celle et de leurs clans respectifs. 

Grâce à des sources dont nous voulons préserver l’anonymat, nous en avons appris un peu plus. En effet, si le président tchadien a accepté de signer des accords de paix avec le Soudan, ce fut en échange d'une enveloppe de 4,7 milliards de dollars américains, en provenance des riches pays du Golfe qui soutiennent El-Béchir : cette somme servant de dommages et intérêts pour des actes sanguinaires et destructeurs commis au Tchad par le président Soudanais, par le biais de ses Djandjawids, des miliciens arabes. Deby Itno a reçu cette enveloppe avec d'autant plus d'empressement qu'il sait bien que son ethnie Zaghawas du Tchad, et en particulier son propre clan, n’a pas payé un lourd tribut aux mercenaires en question. Ne doutons pas un instant que cet argent ira tout droit dans ses poches sans fond. 

Ensuite, si Déby a accepté de « pardonner » à El-Béchir, en déclarant qu’il est' "venu à Khartoum le cœur ouvert et la main tendue ", c'est parce qu’il est persuadé qu’aucun des Zaghawas soudanais opposés au régime d’Omar n’osera plus rentrer au Darfour, leur province natale, car ils ont tous la nationalité tchadienne et assurent actuellement sa propre protection. Cela le mettrait peut-être mal à l’aise s’il n’y avait pas d’autres issues pour protéger ses frères Zaghawas l’ayant aidés financièrement quant Deby était lui-même encore en rébellion au Soudan contre Hissène Habré, avec feu Maldom Bada Abbas. D’ailleurs, il est aujourd’hui très difficile de distinguer les Zaghawas soudanais des Zaghawas tchadiens. « Qui se ressemble, s'assemble », déclare un adage français. N’est-ce pas une chance pour le président tchadien de bénéficier d'une force de plus, et pour les frères soudanais de trouver une niche protectrice, le Tchad ? Et puis, tout ce beau monde vit actuellement très bien, et s’enrichit copieusement, comme s’il était le seul groupe humain à vivre au Tchad. 
Du côté du dictateur soudanais, ce traité de paix est aussi un gros soulagement, car lui non plus n'est pas perdant dans ce qui ressemble à la course de deux chasseurs, venus de deux villages différents, se croisant par hasard en pleine savane et poursuivant deux pintades de la même couleur et qui volent dans la même direction. L’essentiel pour chacun est bien de rentrer au village avec le produit de sa chasse, et peu importent la qualité de la pintade et le danger encouru. Tous les moyens sont bons pourvus qu’ils soient efficaces. Peu importent les difficultés qu'auront à affronter les rebelles de l’Union pour la Force et la Résistance (UFR). Khartoum oblige d’ailleurs les éléments tchadiens de l’UFR de s’éloigner de la zone d’El-Geneina. Selon certaines déclarations, ils se trouveraient actuellement au nord-ouest d’El-Facher dans le Darfour. De toutes les façons, ces informations restent à vérifier et peut-être va-il y avoir du changement dans les mois qui suivent. 

Car, en politique rien n'est jamais sûr. Et tout peut changer en une fraction de secondes. Seuls comptent leurs intérêts pour les dictateurs d’hier et d’aujourd’hui. A l’heure où nous parlons, l’homme fort de Khartoum ne craint plus personne. Il est persuadé que quelles que soient les aides que leur cousin Deby leur apporte, les rebelles soudanais du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE) sont dégonflés, et craignent des Djandjawids plus sanguinaires, cyniques et sadiques qu’eux-mêmes. Les Zaghawas du Tchad et du Soudan réunis ont peur de leur ombre. Ce n’est pas une simple opinion, ce sont des choses vraies et palpables. 

Et puis, par rapport au Soudan, le Tchad de Deby n’est qu’un petit poisson d’eau douce, qui se faufile entre les grenouilles, les crapauds et les tortues. D'autant plus que la stratégie de Khartoum, qui a consisté à dresser Timan Erdimi contre Deby, a porté ses fruits dans la mesure où les deux clans ont payé un lourd tribut, même si certains politiciens ne croient pas à la révolte des deux frères jumeaux (Tom et Timan, intouchables il n'y a pas si longtemps). La seconde réussite d’El-Béchir dans ces négociations avec son « frère" Deby, c’est le montrer à l’opinion nationale et internationale que la porte de Khartoum est grande ouverte à toutes les ethnies du Darfour, y compris aux Zaghawas qui veulent rentrer au bercail, tout en sachant que personne n’osera approcher sa tête de peur de recevoir un coup de sabre aiguisé à la chinoise. 

Ahmat Zéïdane Bichara/ journaliste d’investigation prix Lorenzo Natali 2005

 

            

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